TEST – Ultra Street Fighter II : The Final Challengers : Le remaster de trop ?

On ne présente plus la licence Street Fighter, qui a connu un joli succès sur de multiples plateformes, jusqu’un cinquième opus sorti sur PS4. Contrairement à sa politique et pour enrichir son catalogue, Nintendo propose de revivre l’un des meilleurs jeux de combat, sortie sur Super NES à l’époque. Un Street Fighter II mais retravailler dans une nouvelle édition renommée pour l’occasion Ultra Street Fighter II : The Final Challenger. Des nouveautés qui tentent de redonner une seconde vie à un titre déjà culte, était-ce vraiment nécessaire ?Ultra Street Fighter II The Final Challengers Test

Ultra Street Fighter Plus Edition collector ?

Ultra Street Fighter II : The Final ChallengerBon nombre de remaster ont déjà été faits pour la licence, rajoutant toujours plus de personnages, améliorant l’équilibrage ou tout simplement les serveurs du jeu pour le mode en ligne. Autant vous dire que ce nouvel opus destiné à la Switch apporte peu de choses nécessaires au chef d’œuvre de Capcom. En effet, en terme de contenu, les puristes retrouveront un mode arcade et versus inchangés, jusqu’ici logique, mais ferons face à deux nouveautés majeures. La première se situe dans le mode coop où deux joueurs affrontent l’IA dans une série de combats. Très proche du mode Arcade, vous ne pourrez qu’accéder à 4 combats de quoi vous tenir en haleine très peu de temps. Néanmoins, le mode aurait pu être plus intéressant s’il réussissait à s’affranchir de ses limites pour en devenir fun, tout en proposant un minimum de challenge. Seconde grande nouveauté, la voie du Hado, qui vous permettra d’imiter les mouvements de Ryu, pour envoyer valser des vagues d’ennemis. En imitant le Shoryuken, le Hadoken et le Tatsumaki, vous pourrez monter de niveau pour augmenter votre vie et votre barre d’endurance. Le mode montre rapidement ses limites à cause de sa répétitivité et de son manque de renouvellement. Pour cause, la voie du Hado se révèle vite frustrant et ce n’est pas le gameplay du Joy-Con qui vous aidera à vous accrocher. Le tout est assez approximatif et ne comporte pas de grand intérêt.

Ainsi, que reste-t-il de ce nouvel opus de la licence ? Ou plutôt de ce remaster ? Les modes de jeux classiques qui vous permettront de jouer entre amis. Le mode en ligne possède aussi ses défauts, notamment de serveurs. Nous avons rencontré quelques problèmes lors des parties en ligne, mais il se peut que cela se soit résolu lors de la sortie de ce test. Ensuite, le problème vient avant tout du manque d’équilibrage des nouveaux personnages, en tête, Akuma, Evil Ryu et surtout Violent Ken. Nous aurons l’occasion de revenir sur le roster plus tard dans ce test. Cela dit, les puristes pourront toujours jouer leur personnage principale et battre à pleine couture les néophytes qui auront essayé de se promener sur les voies sacrées du jeu en ligne.

Beaucoup d’entre-vous attendaient un équilibrage correct pour cette nouvelle édition. C’est le cas, d’ailleurs, certains personnages sont plus lourds ou plus lents afin de correspondre aux exigences des néophytes. Par exemple, les attaques de Dhalsim ont été ralentis, notamment dans l’animation de ses bras et jambes. Si vous êtes un vétéran de la licence, vous devriez y trouver votre compte également. Excepté pour l’arrivée des nouveaux personnages, ou particulièrement du nouveau perso. En lançant le mode arcade, vous vous rendrez vite compte que l’ensemble du roster est disponible. Akuma, Evil Ryu et le petit dernier Violent Ken seront là pour votre plaisir, sans nécessité d’être débloqué au préalable. Néanmoins, quelques mises en garde sur ces personnages. En effet, ils sont tous un peu réévalués à la hausse, pour permettre une plus grande accessibilité du jeu. Ce qui en fait des personnages simple à contrôler, mais aussi beaucoup trop fort par rapport au reste du roster. Une déception surtout pour les vétérans qui ne prendront aucun plaisir à les contrôler. Néanmoins, Violent Ken possède quelques points intéressants, dont son histoire, qui le place au même niveau que Ken Master ayant subit un lavage de cerveau et sous le contrôle de M. Bison. Il est donc plus puissant que Ken et Ryu, comme Akuma et Evil Ryu et est un personnage idéal pour les novices. On ajoutera que vous pourrez personnaliser les couleurs de vos personnages afin de leur donner de nouveaux costumes.

Ultra Street Fighter II : The Final Challenger est un jeu qui n’apporte rien de plus au chef d’œuvre de la SNES. Pour cause, le titre se révèle plutôt décevant dans ses nouveautés et démontre aussi les limites des Joy cons. Cependant, nous pouvons affirmer que la prise en main est tout de même agréable. En effet, tout est pensé pour permettre aux joueurs d’utiliser les joysticks. De même que les coups spéciaux ont été simplifiés pour l’arrivée des néophytes. Malheureusement, la console manque d’une croix directionnelle qui permettrait d’exécuter les combos parfaitement. Tout dépend du type de joueur que vous êtes, mais inutile de préciser que le Controller Pro est hautement conseillé.

Une déception technique ?

Ultra Street Fighter II : The Final ChallengerLors des premiers trailers qui vendaient le jeu comme le renouveau d’un chef d’œuvre, l’aspect esthétique et technique paraissaient intéressants. Réalisés par le studio Udon, que l’on a pu voir à l’œuvre sur le comic book Street Fighter, nous pouvions nous attendre à ce qu’il tente une nouvelle empreinte visuelle sur cet opus. C’est le cas, notamment par leur style très asiatique, dont on ressort un constat mitigé. En effet, certains personnages brillent par la qualité du dessin, d’autres seront totalement à côté de la plaque, donnant l’impression de n’avoir affaire qu’à un remake de mauvais goût. Par moment, ils n’arriveront pas à correspondre au décor proposé en background. Ce qui est malheureux, surtout lorsqu’un jeu comme Street Fighter ne se limite pas qu’aux animations et design de ses personnages.

Puisqu’on parle de décors, ces derniers seront totalement variables en terme de qualité. Certaines arènes sont intéressantes, car développant un univers et une atmosphère particulières, d’autres, ressemblants à gloubi-boulga de pixels désagréables à l’œil. Néanmoins, il nous reste toujours le old-school en 16 bits pour rehausser tout cela. Il faudra juste faire abstention des pixels, mais la fibre nostalgique est bien présente au point que l’on s’amuserait presque plus avec les graphismes originaux qu’avec les graphismes HD. Cependant, le mode old-school n’est pas sans défauts puisque le titre vous obligera à revenir au 4/3. Certains pourront crier au scandale, surtout vu le prix investi dans la monture, mais il faudra s’y faire pour se permettre de rejouer à l’édition SNES. Un dernier mot sur l’aspect 3D de la Voie du Hado qui renouvelle un peu ce remaster. Malheureusement, vu le temps que vous pourrez y passer et la répétitivité de la zone de jeu, très peu d’intérêt à y rester éternellement, malgré quelques touches visuelles intéressantes.

La déception est totale pour ce nouveau remaster. Malgré quelques remises au goût du jour pour quelques personnages afin de tout rééquilibrer, le jeu se situe dans l’ombre du matériau qu’il adapte. Graphiquement, il n’arrive pas à être à la hauteur et pourrait décevoir les nombreux fans de la licence. Les néophytes y trouveront sûrement leur compte pensant que le titre s’avère intéressant à bien des niveaux. Néanmoins, il n’est qu’une succession de déception, en manque de véritable challenge. Toutefois, vous pourrez le ressortir en soirée entre amis afin de profiter du mode versus et de montrer que vous êtes le plus fort. C’est toujours cela de pris… Et puis vous pourrez toujours profiter des magnifiques artworks disponibles dans la Galerie afin de ranimer le peu d’espoir qui sommeillera en vous.

Une aventure sonore ?

Le seul véritable avantage de ce remaster se trouve dans la bande-son. En effet, remis au goût du jour, tout en conservant les thèmes emblématiques de la licence, elle fera plaisir aux fans et aux néophytes. Ainsi, les joueurs pourront au moins se délecter du doux son des combattants et des compositions qui les accompagnent. Cela ne suffit pas à sauver un titre déjà décevant à bien des niveaux.

Le trailer de lancement d'Ultra Street Fighter II : The Final Challenger

Conclusion :

En soi, Ultra Street Fighter II : The Final Challengers est un portage fainéant. En effet, malgré des rééquilibrages appréciables, l’apparition des déchoppes et une démarche artistique originale, le titre de Capcom peine à renouveler l’intérêt de ce chef d’œuvre de la SNES. Ainsi, les design pourront ne pas plaire à tous, d’autant qu’ils possèdent plus ou moins des défauts à prendre en compte, les décors ne sont pas tous forcément agréables à l’œil, et le contenu du jeu se révèle assez pauvre. La voie du Hado et le mode coop ont du mal à maintenir captif, dû à leur répétitivité ou alors à un intérêt totalement vain. Néanmoins, Ultra Street Fighter II : The Final Challengers est toujours appréciable lors d’une soirée entre amis, de quoi montrer vos skills de versus fighting… ou pas. Ainsi, si vous aimez la licence et que débourser 35 euros ne vous fait pas peur, ce remaster est fait pour vous, sinon vous pourrez toujours revenir sur votre bonne vieille version SNES.

Version fournie par l’éditeur sur une Nintendo Switch

Points positifs

  • Le gameplay toujours aussi fun
  • Les graphismes et son rétro !
  • Les coups spéciaux simplifiés pour les néophytes
  • Un véritable plaisir nostalgique à pouvoir revenir sur le titre
  • La bande originale, mais à ce rythme-là ce n’est plus une surprise...

Points négatifs

  • Jouer avec les Joy cons est un enfer
  • La Voie du Hado est drôle au début, puis rapidement inutile
  • Un mode en ligne aux fraises
  • Des décors peu soignés
  • Des personnages et animations peu agréables à l’œil
6

Acceptable