Un Monde Meilleur – passe le relais

Dans la longue liste des films cultes , on peut souligner largement Un Monde Meilleur de Mimi Leder, sorti le 28 février 2001, l’opus fêtera bientôt sa vingtaine d’années. Chaque semaine, un film culte sera abordé ici, pas seulement ceux que vous connaissez, mais aussi des petites perles inconnues du grand public, car passé inaperçu lors de leur promotion initiale. Ce film fait parti des premiers rôles du petit talentueux Haley Joel Osment que l’on a pu voir notamment jouer avec brio dans Sixième Sens. Vous allez comprendre pourquoi cette histoire en fait un conte pour adulte déguisé.  Si vous ne l’avez pas vu, fiez vous au bilan en bas de l’article car ce post contient des spoilers.

Tout commence un soir de pluie, lorsque la police est sur une prise d’otage, un journaliste essaye alors d’en savoir plus, malgré la réticence des policiers. Soudain le malfaiteur prend la fuite en forçant le portail de la maison, et brise le véhicule du journaliste sur son passage foudroyant. Un inconnu sous son parapluie débarque de nulle part, passant par là et offre au journaliste son nouveau sujet d’article : passe le relais à trois personnes. Il vient tout bonnement de lui offrir les clés de sa voiture neuve et le journaliste se retrouve consterné et dans l’incompréhension face à tant d’altruisme .

Travaux pratique : que feriez-vous pour que le monde soit meilleur ?

4 mois plus tôt, le petit Trevor McKinney rejoint la salle de classe avec ses amis.  Monsieur Eugene Simonet, nouveau professeur de civilisation,  propose un nouveau sujet de TP pour ses jeunes élèves de CM2 qui n’en est pas moins dur : trouver une idée pour changer le monde et la mettre en pratique.

Qui n’a pas rêvé de changer le monde, adolescent ? Adulte ? Vieillard ? à vrai dire fouler le même sol, par deux ou trois appuis ne signifie pas qu’il y a un âge pour faire preuve d’une grande imagination ! On pensera à Utopia de Thomas More, « La base de l’organisation utopique est la stricte égalité entre les êtres. Pour assurer cette égalité, il n’existe ni propriété, ni argent.  » Ici ni plus ni moins qu’une autre vision du monde idéaliste repris très largement dans le film A tout Jamais, une Histoire de Cendrillon avec Drew Barrymore. Qu’est ce que le synonyme d’utopie sinon un conte pour adulte ?

Mon cœur balance entre philanthropie et misanthropie, dans un monde où chacun, hédoniste, ne voit pas  plus loin que le bout de son nez, où la gente ne se rend plus service,  le monde est coupé comme figé et n’évolue pas. En toute réalité, quelle que soit notre motivation de départ, aimer ce monde ou non, c’est de constater ses défauts et de chercher le moyen d’y remédier.  L’idée de Trevor est naïve, simple mais à la hauteur de son âge,  n’oublions pas qu’il n’a que onze ans! Cependant son imaginaire est lui révolutionnaire, message porteur de paix,  et surtout une grande foi en l’humanité.

Un trio en or

Haley Joel Osment dans le rôle de Trevor McKinney, joue un petit garçon fragile et torturé par sa mère, il souffre beaucoup et malgré tout il parvient dans l’émotion , à se transcender.  Le Tp du professeur Simonet a un effet direct sur lui, puisque ce dernier en rentrant de l’école va traîner dans la zone des SDF et même en accueillir un chez lui c’est sa première aide. Il veut aussi pousser sa mère à stopper l’alcool, notamment en lui présentant le professeur Siomnet. Enfin son dernier vœux est de voir sa grand mère stopper la boisson  et la retrouver dans sa famille. mais il est confronté à un camarade d’école régulièrement raquette ce qui lui vaudra de sérieux soucis à l’avenir.

Helen Hunt dans le rôle de Arlene McKinney est une mère alcoolique dès qu’elle craque, elle planque ses bouteilles afin que son fils ne les voit pas. Elle est en froid avec sa mère qui se retrouve à la rue elle même alcoolique. Celle ci vit dans une voiture de fortune. Arlene cumule deux boulots et est souvent sur les nerfs. Elle n’est pas tendre avec son fils, qui pourtant fait preuve de beaucoup d’abnégation.  C’est un mère célibataire dont le mari est parti il  y a longtemps, lui même malade et drogué.

Kevin Spacey dans le rôle de Eugene Simonet est un homme solitaire, souffrant de plusieurs brûlures sur le corps, il ne croit pas rencontré l’âme sœur mais le petit Trevor organise tout  la rencontre entre sa mère et le professeur, pensant que ce dernier est un homme bien, qui changerait tout dans la ville de sa mère. Il ne faut pas se tromper Eugene adore son métier, il n’hésite à échanger avec Trevor sur sa vision du monde. Il devient par la force des choses le second père de Trevor, mais reste mal dans sa peau à cause des ses brûlures.

Autant dire que le schéma d’idée du petit Trevor va vite se répandre comme une traîner de poudre au sein de la société mais il ne sait rien de tout cela. Il reste concentré sur son entourage.  Les acteurs un à un donnent vie à cette histoire et participent au concept du jeu garçon.

Un monde « dégueulasse »

Lorsque Trevor découvre le SDF qu’il va finir par loger, il lui avoue qu’il trouve ce monde « dégueulasse » , d’où cette idée de relais en rendant trois services importants à trois personnes et ainsi de suite.

Les rapports entre Arlene et Trevor sont tendus, une mère pas toujours à l’écoute, débordée par ses deux emplois, au bout du rouleau. Son fils essaie de lui parler mais en vain, parfois il est franc et dur avec sa mère, et celle ci fini par trouver une bouteille cachée et à boire. Il y a une incompréhension entre mère et fils, ce qui fait finalement souffrir mes deux parties. Grand mère et fille ont visiblement hérité du même problème d’alcoolémie mais ne se côtoie pas . On peut dire que la mère de Trevor est dépassé par son fils, est dépassé par ses deux boulots dans sa vie de mère célibataire et du cpuo n’arrive rien à gérer et trouve sa solution dans la boisson. Ce qui attriste profondément Trevor  car il veut aider sa mère à aller mieux.

Les brûlures du professeur Eugene Simonet, je crois qu’à un moment du film il explique ses brûlures. Mais à vraie dire on sait peut de choses sur lui, c’est un homme assez mystérieux, un peu replier sur lui même, silencieux, patient. Dans ses rapports avec Arlene, celle ci accepte ses cicatrices comme appartenant à son corps. Ils ont plus que des rendez vous, d’abord pour parler de Trevor, puis ils finissent par s’embrasser un soir en pleine tombée de la nuit. Arlene est un personnage compréhensif qui n’hésite pas à rassurer le professeur sur ses marques afin de l’attendrir.

Trevor essaie de sauver un de ses camarades à plusieurs reprises mais la deuxième, un des brigand est armé d’un couteau. Il essaie malgré tout de s’interposer, et hélas prend un coup de couteau dans le ventre. Il décède peu après ; Trevor a réussit à aider son entourage mais ce camarade n’était pas sur sa liste.La tragédie touche alors toute la famille dont le couple McKinney et Simonet, lorsque soudain ils aperçoivent une cohue de bougie devant leur maison. Grâce à l’article de Chris Chandler (le journalise), la nouvelle s’est très largement répandue autour du quartier, voire plus loin.  Et ce sont des centaines de personnes qui viennent rendre hommage au défunt petit garçon.

Drame teinté de romance légère, film profondément émouvant, tire la ficelle de la sensibilité chez le spectateur, il faut vraiment être insensible pour rester de marbre face à ce chef-d’œuvre. Un casting hors du commun, des personnages entiers au passé difficile, en passant par les rapports familiaux de Trevor, les problèmes d’alcoolémie d’Arlene,  le visage brûlé du professeur, l’ambiance entre enfants dans la cours de récré de Trevor, etc.  Un titre composé d’une véritable chute puisque l’on ne s’attend pas du tout à cette fin tragique. Gros plan sur le message cinématographique transmis par le film « Pay it Forward »  de son titre original, expression idiomatique qui signifie « rendre une gentillesse qui nous a été faite en la transmettant à une tierce personne. » Alors avez vous retenu la leçon ?

Points positifs

  • Une vision moralisatrice innovante et magique
  • Un petit garçon doté d'une grande imagination
  • Le message véhiculé par l'histoire
  • Un trio d'acteur profond et au passé bien défini
  • Un drame dans l'art : triste et sombre
  • Une fin qui transforme le drame en tragédie

Points négatifs

  • Le côté bon enfant
  • Vision sur le pathos trop exagérée
  • Vision trop idéaliste du monde
9

Exceptionnel