TEST – Yonder : The Cloud Catcher Chronicles : Classique, efficace et mignon !

On connaît tous quelqu’un qui pense encore que le jeu vidéo est violent, bête et généralement armé. Si cette personne est proche de vous, vous pourrez lui montrer Yonder : The Cloud Catcher, histoire de casser ses stéréotypes archaïques. Car dans ce jeu, tout est mignon, et le joueur ne réalise aucun combat. Pourtant, Yonder est très bon.

Yonder TestToo much kawaï

Yonder: The Cloud Catcher ChroniclesÀ peine le jeu est-il lancé que l’on s’aperçoit d’une chose : Yonder est d’une beauté folle. On parle tout d’abord de la direction artistique ultra mignonne. Les personnages sont simples, façon poupées de chiffon, mais conserve un certain charme. Ils n’en restent d’ailleurs pas moins colorés. Les animaux sont totalement revisités pour un look étrange, mais toujours bien mignon, comme le cochon-brindille ou l’ours polaire façon vache Milka. Mais ce sont surtout les décors de Yonder qui sont les plus beaux, avec des paysages variés et surtout colorés. Que ce soit de jour comme de nuit, Yonder garde un cachet fou. Un petit bémol cependant pour les saisons qui changent peu ou prou. On aurait aimé plus de changements qu’un simple lac gelé ou dégelé.

D’un point de vue technique, le jeu est aussi très bien réalisé. On note quelques bugs de collisions et des ralentissements dans certains endroits précis, mais c’est tout. Du très bon travail sur ce point, notamment sur les chargements presque invisibles.

The Elder Harvest of the Wild

Yonder: The Cloud Catcher ChroniclesLes développeurs l’avouent eux-mêmes, ils se sont grandement inspirés de jeux comme The Legend of Zelda (on retrouve d’ailleurs la même gestion du contraste que Breath of the Wild), Skyrim ou encore Harvest Moon. Indéniablement, cela se sent ! Commençons d’ailleurs par le scénario qui se veut extrêmement classique. Le personnage principal n’est pas amnésique, mais presque, puisqu’il se réveille sur une toute nouvelle île. L’identification n’en est que plus forte puisque tout ce que le joueur découvre, le personnage le découvre également. Notamment ces brouillards violets, les ténèbres, qui s’abattent de plus en plus fréquemment sur l’île. En tant que nouveau héros, c’est à vous de trouver la source de ce problème, et de le résoudre.

Un scénario anecdotique donc, qui laisse place à l’aventure. Encore une fois, celle-ci est marquée par les classiques du genre.

La soif de la quête

Yonder: The Cloud Catcher ChroniclesSi Yonder ne se veut pas ouvertement novateur, il se veut en revanche simple d’accès. Clairement, il s’agit là d’un jeu parfait pour apprendre la base des jeux RPG/jeux d’aventure. On y retrouve tout, à commencer par les quêtes et la notion d’exploration. Si au début du jeu, les choses sont assez simples (on finit une quête pour en commencer une autre), les choses se complexifient. Car peu à peu, sur le chemin d’un objectif, on trouve une autre quête, qui nous amènera ailleurs, où l’on trouvera une autre quête. Et très vite, on se retrouve avec beaucoup de choses à faire sur les bras !

D’autant plus que l’exploration est clairement récompensée. La carte a beau ne pas être immense, on y trouve énormément de choses à faire, répartis par secteur. 55 chats à trouver, des zones de ténèbres à dégager (que l’on débloque via des esprits à trouver), des coffres, des arbres à planter ou encore des statues mystérieuses. Ces dernières seront d’ailleurs bien utiles, car si notre personnage marche assez vite, les allers-retours sont parfois longs. Ces statues permettront (à terme) d’agir comme des téléporteurs. Mais encore une fois, c’est l’occasion d’une petite quête ! D’ailleurs, celles-ci sont agréables et sont rarement des quêtes « Fedex ». En revanche, elles sont souvent portées sur le crafting.

L’indispensable craft

Yonder: The Cloud Catcher ChroniclesHé oui, Yonder n’échappe pas à la règle du crafting. Ainsi, en plus des nombreuses choses à trouver, le joueur peut également récolter de nombreuses ressources. Pour cela, il faudra trouver les bons outils (la pioche pour récolter les minerais, la hache pour la récolte du bois, la faucille faux les hautes herbes, etc.). Ces ressources sont particulièrement utiles lorsque le joueur entre dans une des guildes (tailleur, bâtisseur, horloger…). Ces dernières permettent de gagner des schémas de craft. Il ne reste plus qu’à récolter le bon nombre de ressources pour crafter ledit objet. Encore une fois, il y a un paquet de ressources, mais aussi de schémas.

Petit à petit, chaque ressource s’avère donc très utile, en fonction de la quête. Il vaut mieux donc tout récolter. Le problème, c’est que Yonder possède un inventaire limité. On peut certes mettre des objets dans différents coffres qui communiquent entre eux, mais c’est assez limité. On aurait aimé un inventaire illimité ou la possibilité de l’agrandir via le craft. Car finalement, chaque chose que l’on récupère s’avère importante. Rares sont les objets que l’on supprime ou vend. À moins d’en avoir un nombre astronomique.

À la ferme ? Mais quelle ferme ?

Yonder: The Cloud Catcher ChroniclesEn plus de d’inéluctable crafting, Yonder propose rapidement dans l’aventure d’avoir sa propre ferme. À plusieurs endroits différents, il est possible de construire une nouvelle ferme. Il faudra ensuite crafter les différentes structures pour accueillir vos animaux et récoltes (enclos, abreuvoir, potager…). Il suffira ensuite de trouver un animal, de lui donner la nourriture qu’il apprécie, et de le ramener dans votre ferme. Une étape assez fastidieuse, car les animaux sont lents. Quant au potager, il faudra trouver des graines, notamment dans les différents tonneaux et coffres à casser. Tout ceci permet de récolter de nombreuses ressources fréquemment.

Pour maximiser la récolte, il faut prendre soin de ses animaux et nettoyer de temps en temps la ferme. On peut également recruter un personnage, afin que tout soit automatique. Encore une fois, le joueur est invité à explorer puisque chaque action (quête, arbre planté…) dans un secteur permet d’augmenter la barre de bonheur des habitants de ce secteur. Quand cette dernière atteint les 90 %, les récoltes sont accélérées. C’est intéressant, mais dans les faits, c’est un peu inutile. On récolte déjà beaucoup de ressources. Si l’on pouvait troquer ses objets via d’autres joueurs, cela pourrait être intéressant.

Enfantin

Yonder: The Cloud Catcher ChroniclesOn l’a dit, Yonder pourrait bien s’adresser aux enfants. Les contrôles sont relativement simples, il n’y a pas de stats à vérifier et les quêtes sont assez faciles. D’ailleurs, Yonder ne propose aucune arme, ou du moins aucun combat. Il est tout de même possible de poser des pièges et de pêcher (ce n’est donc pas un jeu vegan). Notre héros ne possède pas non plus de barre de vie. Il possède un parapluie en cas de grande chute, et la noyade le fait revenir sur la terre ferme.

Toutefois, Yonder connaît quelques soucis un peu énervants. Notamment les déplacements du personnage, qui possèdent une certaine inertie. Il semble glisser. C’est assez pénible pour les (rares) scènes de plate-forme.

Conclusion

Yonder : The Cloud Catcher Chronicles est clairement ce qu’on attend de lui. Ce n’est pas un jeu novateur et il emprunte d’ailleurs beaucoup aux classiques du genre. Il est également très simple d’accès, voire presque enfantin. Toutefois, la richesse du jeu et sa beauté font que l’on ne s’ennuie pas avant un bout de temps. Yonder est clairement un bon jeu, et la seule chose que l’on regrette vraiment… c’est son manque (volontaire) d’ambition. On n’est clairement pas contre un second épisode avec un système multijoueur bien intégré.

Test réalisé sur une version envoyée par l’éditeur, sur PS4 normale

Points positifs

  • Magnifique direction artistique
  • Techniquement très bon
  • Exploration encouragée
  • Beaucoup de choses à faire
  • Parfait pour débuter le genre

Points négatifs

  • Inventaire à revoir
  • Manque un système multijoueur plus poussé
7

Bon

« Je suis le destructeur, le démolisseur, l’incendiaire du monde, et quand le monde sera réduit en cendres, je me promènerai, affamé, parmi les décombres, joyeux de pouvoir dire : c’est moi qui ai fait cela, moi ; c’est moi qui ai écrit la dernière page de l’histoire du monde, vraiment la dernière. »
August Strindberg

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