Young Justice, une série animée adulte

Young Justice, une série animée adulte

Enfant vous êtes sans doute tombé sur des séries animées de superhéros tel que la Ligue des Justices, Les nouvelles aventures de Batman, Superman, X-men Evolution et j’en passe. Dans le lot on trouve vraiment de très bonnes choses notamment Batman : The Animated Serie (connue chez nous sous le nom de… Batman) considéré comme la meilleure. Un point intéressant à remarquer que les meilleures séries animées de superhéros ont été créées milieu 90, mais depuis, la qualité a clairement baissé, que ça soit par l’animation, le design ou encore les thèmes abordés, souvent trop léger en comparaison aux anciennes séries animées. Pourtant, en 2011 surgit une série animée déjà considérée comme culte : retour sur Young Justice, nommée chez nous La Nouvelle Ligue des Justiciers

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La (Nouvelle) Ligue des Justiciers

Justement, le titre français de cette série n’est pas un hasard. La « Nouvelle » Ligue des Justiciers fait évidemment référence à l’ancienne. En renvoyant à cette dernière, on renvoie également à la qualité de celle-ci. De plus, le terme « nouvelle » renvoie également à la jeunesse, puisque les héros de cette série sont jeunes, ce qui rappelle également le titre anglais de la série (pour les anglophones, on pourrait traduire littéralement par Jeune Justice).

Le scénario est le sypnosis de base est le suivant : Robin, Flash Kid, Aqualad et Red Arrow ont été entrainés dur par leur mentor respectif Batman, Flash, Aquaman et Green Arrow, et aujourd’hui est le grand jour : ils vont être invité à rentrer dans la Ligue des Justiciers, en tant qu’escouade de renseignement pour commencer. Cela déplait à l’équipe qui ne se laisse pas faire, mène leur propre enquête et découvre quelque chose qui les dépasse. Sans trop spoiler grâce à une métaphore douteuse, ils découvrent un tout petit bout de glace qui les amènera à découvrir un gigantesque iceberg. Sur leur chemin, cette nouvelle ligue est amenée à évoluer avec des départs et des arrivées de personnages.

Fan 2

Question personnages justement, Young Justice assure clairement. Tout d’abord les jeunes héros sont relativement inconnus du grand public (hormis Robin) et il est intéressant de les connaître, ce que fait la série avec brio puisqu’elle développe tous ses personnages, que ce soit dans des épisodes plus spéciaux (Aqualad a le droit à son épisode par exemple), ou à force de distiller des indices ici et là (on pense au[x] secret [s] d’Artémis). Les superhéros adultes ne sont pas en reste puisqu’ils son bien nombreux et encore une fois, hormis Batman et Superman, pas sûr que le grand public et même le public un peu plus spécialisé connaissent certains personnages comme Red Tornado ou Zatarra. C’est donc un pur plaisir que de rencontrer de nouvelles têtes et cela donne envie de se plonger un peu plus dans le très riche univers DC Comics.

Bonjour la déprime

Comme dit précédemment, ces personnages sont animés par un background vraiment poussé, sans pousser l’exagération (on n’atteint pas le degré nanardesque des flashbacks d’Arrow par exemple). Ceci s’explique notamment par des thématiques fortes, et assez lourdes. Pêle-mêle, le désir d’être comme les autres et donc le problème de l’apparence, la difficulté d’être dans une famille incompréhensive et divisée ou encore la difficulté d’être chef d’équipe et de faire les bons choix. À noter que la relation père-fils est l’un des thèmes les plus importants puisque ralliée à trois personnages à savoir Robin, Superboy et Red Arrow. Pourtant chaque personnage est autant de perceptions sur ce thème, et la relation père-fils de Robin n’est pas la même symbolique que celle de Superboy par exemple.

Chacune des thématiques est traitée avec soin, sans tomber dans la lourdeur ou dans la naïveté insupportable. Certains personnages sont même parfois très déprimants tellement leur passif est lourd, notamment Red Arrow vers la deuxième saison.

Cliffhanger

Ce que l’on retient finalement le plus de Young Justice, c’est sans doute sa mise en scène. Adieu les épisodes classiques de série animée et bonjour les astuces de mise en scène. Dès le premier épisode, les premières minutes, les créateurs de la série insufflent une modernité. Pour le coup, les quatre héros originels, aidés par leurs mentors, sont aux prises avec quatre méchants aux pouvoirs de glace, et ne pensent finalement qu’à leur arrivée à la Ligue. Un autre point est celui des flashfowards, flashbacks. Quelques épisodes commencent ainsi en plein milieu, sans que l’on comprenne ce qui se passe, on retourne dans le passé pour comprendre. Une mécanique vue et revue, mais assez rare dans des animés du style.

Concernant la mise en scène, chaque épisode fait avancer l’échiquier géant sans que l’on comprenne quelque chose (jusque vers la fin de la saison 1 tout de même), notamment grâce aux mystérieuses voix et silhouettes en fin d’épisodes, faisant penser à des personnages tels que l’homme à la cigarette dans X-Files, l’homme à la mallette dans Half-life ou encore les Observers de Fringe.

Un bon nombre de rebondissements est également de la partie pour redynamiser la série tous les deux, trois épisodes.

On redistribue les cartes

On dit souvent dans le milieu de l’animé que la saison 2 est la plus dangereuse, et souvent la plus mauvaise, pour Young Justice, c’est presque l’inverse. Les créateurs de la série ont su redistribuer les cartes de façon totalement habile. Difficile de ne pas en parler sans spoiler ouvrons donc le début du spoil

Cette saison 2 démarre sur les chapeaux de roues avec des personnages que l’on ne connait pas puisque… la saison se passe bien plus tard et l’équipe n’est plus la même. De nouveaux personnages font leur apparition, tandis que les anciens donnent évidemment un coup de main. On note d’ailleurs que Robin est devenu Nightwing et que Kid Flash a lâché l’affaire. Des flashbacks et autres subtilités permettront de comprendre ce qui s’est passé entre-deux, mais justement, entre-deux les méchants ne sont plus les mêmes et c’est l’un des grosses surprises et atouts de cette saison 2. On continue par ailleurs à chercher à comprendre ce qui s’est passé à la fin de la saison 1. Fin du spoil.

The Animated Serie

Arrêtons un instant sur le visuel de la série. Celui-ci ne s’essaie pas une quelconque forme originale, pas de cel-shading, pas de 3D mélangée à de la 2D, tout est classique, mais depuis les années 90 la technique a changé, s’est amélioré. Les traits sont plus fins, plus fouillés même si parfois l’animation ou les décors sont un peu vides. Les personnages sont reconnaissables même si certains ont été quelque peu modifiés (le Joker, Bane ou encore Beast Boy), mais sans que ça soit trop gênant.

Les doublages sont de qualité, on retrouve d’ailleurs Adrien Antoine au rôle de Batman (il le double justement dans les Batman Arkham). Évidemment on ne peut que conseiller la VO, notamment pour les questions d’accents et les mots en français dans le texte.

En somme, Young Justice sorti seulement en 2011 fait déjà partie des classiques des séries animées. Certains la considèrent même supérieure à Batman, mais nous n’irons pas jusque là. On se contentera de dire que la série est une petite perle notamment grâce à sa mise en scène astucieuse, ses personnages fouillés et ses thématiques lourdes qui font penser à une vraie série. Ce qui est déjà beaucoup.

« Je suis le destructeur, le démolisseur, l’incendiaire du monde, et quand le monde sera réduit en cendres, je me promènerai, affamé, parmi les décombres, joyeux de pouvoir dire : c’est moi qui ai fait cela, moi ; c’est moi qui ai écrit la dernière page de l’histoire du monde, vraiment la dernière. »
August Strindberg

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