Onze ans. C’est le temps qu’il aura fallu patienter depuis la sortie controversée de Yaiba : Ninja Gaiden Z pour voir la célèbre franchise d’action refaire surface avec un épisode inédit en 3D. Si l’année 2025 avait déjà tenté d’étancher la soif d’hémoglobine des fans avec Ninja Gaiden 2 Black et Ninja Gaiden Ragebound, ce quatrième opus canonique — héritier direct du reboot de 2004 — entend bien faire pleuvoir le sang pour de bon. Dans un Tokyo futuriste où l’orage gronde aussi fort que la colère des démons, l’éclaircie se fait pourtant attendre, tant sur le plan météorologique que sur celui de la direction artistique.
Un Tokyo néon sous le déluge
Le scénario nous plonge dans un futur proche où une pluie diluvienne et surnaturelle noie la capitale japonaise, submergeant des quartiers entiers et ouvrant la porte aux enfers. Suite à l’échec de la résurrection du Dragon noir, la ville, saturée de néons, n’est plus peuplée que par des âmes maudites. C’est dans ce chaos que le Clan du Corbeau déploie Yakumo, un jeune prodige, avec pour mission d’éliminer la prêtresse capable de ramener le Dragon noir à la vie. Mais le scénario prend une tournure inattendue lorsque le surdoué du style Takeminakata décide de libérer sa cible des geôles de l’Ordre du Dragon divin, espérant ainsi éradiquer définitivement la menace.
Dès les premières minutes, le constat est sans appel : le terrain de jeu lorgne vers une esthétique cyberpunk bien plus prononcée que par le passé. Malheureusement, cette orientation artistique divise. Les nostalgiques qui louaient la variété des environnements des productions d’Itagaki risquent de déchanter face à ce manque de diversité. Ninja Gaiden 4 rappelle davantage l’austérité de Ninja Gaiden 3 — avec ses cités en ruines, ses cavernes grisâtres et ses bases futuristes aseptisées — que le voyage dépaysant offert par le second opus. Une uniformité visuelle regrettable pour une production de cette envergure.
Quand le Ninja se prend pour un Hérisson
Dans ses fondements, le titre développé par PlatinumGames reste fidèle à la recette traditionnelle : un beat them all 3D à l’ancienne, structuré en chapitres notés, sans monde ouvert ni composantes RPG envahissantes, hormis quelques bagues à équiper. Pourtant, le studio a tenté de moderniser la formule en injectant une dose massive de plateforme. Yakumo ne se contente plus de courir sur les murs ; il utilise son grappin, glisse au sol à la manière de Sam Gideon dans Vanquish, grinde sur des rails et surfe sur les courants d’eau à une vitesse vertigineuse.
Ces séquences, qui exigent de bons réflexes, évoquent indéniablement les jeux Sonic, tandis que l’apparition de failles dimensionnelles rappelle immédiatement Ratchet and Clank : Rift Apart. L’intention est louable, mais l’exécution laisse parfois à désirer. Bien qu’amusants par moments, ces passages manquent de profondeur, se résumant souvent à marteler une touche bêtement. La caméra automatique, loin d’être une alliée, complique souvent la lecture de l’action, et la répétitivité de ces phases finit par lasser, malgré quelques éclats de génie en fin d’aventure où toutes les mécaniques s’imbriquent enfin correctement.
Une partition martiale sans fausse note
Heureusement, un Ninja Gaiden se juge avant tout sur la qualité de ses joutes, et sur ce point, l’alliance entre la Team Ninja et PlatinumGames fait des étincelles. Le système de combat est une réussite totale. Les coups pleuvent, les combos s’enchaînent avec fluidité, et le gore est bel et bien au rendez-vous avec des démembrements qui rythment les affrontements. La grande nouveauté réside dans la gestion des armes, qui disposent désormais de deux modes : une utilisation classique et le mode « Corbeau sanglant ». Ce dernier, qui consomme une jauge spécifique, permet de briser les boucliers ou de lancer des attaques dévastatrices.
Cette mécanique impose au joueur de switcher intelligemment en plein combat, ajoutant une couche stratégique bienvenue sans alourdir la jouabilité. On s’éloigne du simple schéma esquive-parade pour aller vers une gestion de foule plus dynamique et offensive. Ajoutez à cela un mode berserk, qui permet d’entrer dans une rage folle une fois la jauge de dégâts remplie, et vous obtenez un défouloir technique et jouissif, particulièrement lorsque les coups chargés viennent pulvériser l’opposition.
Wolverine manque à l’appel du State of Play
Si les katanas sont de sortie chez Team Ninja, d’autres griffes très attendues resteront rentrées cette semaine. Alors que le monde du jeu vidéo a les yeux rivés sur le prochain State of Play de Sony, prévu pour ce jeudi 12 février 2026, l’une des plus grosses exclusivités de la PlayStation 5 brillera par son absence. Insomniac Games a douché les espoirs des fans sur les réseaux sociaux concernant Marvel’s Wolverine.
En réponse à un internaute impatient, le studio a indiqué qu’il faudrait attendre le printemps pour obtenir de nouvelles informations. À moins d’une stratégie de communication volontairement trompeuse, il ne faut donc rien espérer concernant le mutant griffu lors de la conférence de demain.
L’événement, qui débutera à 14h00 (heure du Pacifique) pour une durée d’un peu plus d’une heure, ne manquera toutefois pas de contenu. Sony a promis de mettre en lumière des productions tierces et indépendantes alléchantes, ainsi que les dernières nouveautés des PlayStation Studios. Les observateurs s’attendent notamment à voir des images de Saros, d’en apprendre davantage sur Horizon Hunters Gathering, et peut-être d’apercevoir le très mystérieux jeu de combat Tokon : Fighting Souls, développé en collaboration avec les maîtres de la baston 2D, Arc System Works.