L’industrie du jeu vidéo est souvent le théâtre de situations cocasses, particulièrement lorsqu’il s’agit d’exclusivités très convoitées. Alors que la franchise God of War continue de dominer les charts sur les consoles Sony grâce à une narration soignée et des combats viscéraux, l’envie d’incarner Kratos démange visiblement les joueurs de l’écosystème concurrent. Si God of War Ragnarok, l’un des titres phares de 2022, reste inaccessible sur les machines de Microsoft, une alternative pour le moins surprenante a récemment fait son apparition sur le Microsoft Store, soulignant avec ironie l’hégémonie culturelle du titre de Santa Monica Studio.
L’improbable clone de Kratos sur les terres de Microsoft
C’est une découverte qui prête à sourire : un titre baptisé War Gods Zeus of Child a brièvement capté l’attention des curieux sur Xbox. Ce jeu d’action, vendu à un prix dérisoire d’environ 4,09 dollars — soit une fraction du prix d’un blockbuster —, ne s’embarrasse d’aucune subtilité en matière de propriété intellectuelle. Le protagoniste est une copie conforme de Kratos, et l’ambition affichée est de reproduire, bien que maladroitement, les affrontements épiques contre des divinités.
Toutefois, il ne faut pas s’y tromper. La description du produit, promettant de « détruire tous les ennemis avec le Zeus War Gods » et de « sentir la puissance du dieu », masque mal la réalité d’un projet techniquement pauvre. Loin de la profondeur scénaristique et du gameplay ciselé de l’original, ce titre n’est qu’une arène de combat rudimentaire où l’on affronte des vagues de monstres jusqu’à ce que mort s’ensuive. Si cette parodie grotesque permet techniquement d’afficher une version déformée du Dieu de la Guerre sur un écran connecté à une Xbox, elle sert surtout de rappel : l’expérience authentique reste la chasse gardée de Sony.
Au-delà de God of War : l’appel de la nostalgie
Pendant que des développeurs peu scrupuleux tentent de capitaliser sur l’image de Kratos, les regards se tournent vers les véritables créateurs, Santa Monica Studio. Les rumeurs vont bon train concernant leurs projets pour 2026 : une nouvelle suite, un spin-off, ou une collection remasterisée ? Il est indéniable que le studio travaille d’arrache-pied, n’ayant développé que des jeux God of War depuis 2005. Pourtant, au milieu de cette frénésie autour de la mythologie nordique ou grecque, une voix dissonante se fait entendre, plaidant pour une direction radicalement différente. Plutôt que de proposer un énième rendez-vous avec Kratos, ne serait-il pas temps de ressusciter Kinetica ?
Pour beaucoup, ce nom n’évoque rien, et pourtant, il représente la genèse du studio. Sorti sur PlayStation 2 en 2001, quatre ans avant le premier God of War, Kinetica était la réponse de Sony à F-Zero. Ce jeu de course futuriste, où les pilotes fusionnent avec leurs véhicules grâce à des combinaisons cinétiques, est souvent réduit à une note de bas de page historique pour avoir inauguré le moteur graphique qui propulserait plus tard les aventures de Kratos. C’est pourtant une injustice, car ce titre possède une complexité mécanique qui mérite d’être redécouverte.
Un gameplay exigeant à l’heure de la renaissance de l’arcade
À première vue, Kinetica semble simple : des courses à travers des saisons, des bonus à ramasser et des adversaires à doubler. Mais sous le capot, le jeu dissimule une profondeur insoupçonnée, axée sur une physique particulière. Les pilotes ressemblant à des motos humaines, l’aérodynamisme joue un rôle crucial. Prendre un virage trop large peut vous faire partir en tête-à-queue, exigeant une maîtrise des courbes surprenante pour un jeu aussi rapide. Le système de boost, qui s’accumule en effectuant des figures aériennes risquées ou en aspirant l’énergie de zones spécifiques, ajoute une couche stratégique indéniable.
Cette réflexion sur le passé du studio n’est pas anodine. L’année 2025 a marqué une véritable renaissance pour les jeux de course arcade avec des succès comme Mario Kart World ou Sonic Racing: Crossworlds. Cette dynamique devrait se poursuivre en 2026 avec l’arrivée attendue de titres comme Star Wars: Galactic Racer. Dans ce contexte, un retour de Kinetica comblerait parfaitement le vide laissé par l’absence prolongée de franchises comme F-Zero. Santa Monica Studio, qui était en avance sur son temps en 2001 avec cette bande-son électronique percutante et ce design audacieux, aurait toutes les cartes en main pour briller à nouveau dans ce genre.
Bien qu’un retour officiel semble improbable à court terme, les curieux n’ont pas besoin d’attendre. Le titre original est disponible sur le PlayStation Store et inclus dans l’offre PlayStation Plus Premium. En attendant de voir si le studio osera un jour s’éloigner de l’ombre imposante de Kratos pour revenir à ses premières amours, redécouvrir Kinetica permet de comprendre l’ADN technique qui a fait la grandeur de leurs productions ultérieures.