L’industrie du jeu vidéo traverse une période où la génération procédurale et les mondes post-apocalyptiques sont légion, mais les résultats varient radicalement d’un studio à l’autre. D’un côté, certaines suites très attendues peinent à raviver la flamme de l’exploration. De l’autre, des titres plus anciens continuent de se réinventer avec une audace presque insolente. C’est exactement le grand écart que nous offrent aujourd’hui Gunfire Games avec sa dernière production et Hello Games qui déploie une toute nouvelle fonctionnalité majeure.
Le pari manqué d’une suite très attendue
Quatre ans après la sortie remarquée de Remnant : From the Ashes, le studio Gunfire Games nous replonge dans son univers avec un deuxième volet édité par Gearbox Publishing. Le concept de base n’a pas bougé d’un iota. On se retrouve face à un jeu de tir à la troisième personne particulièrement exigeant, puisant ses inspirations directes dans les mécaniques des Souls de FromSoftware tout en conservant une touche de Borderlands. Seulement voilà, la magie opère beaucoup moins bien cette fois-ci.
L’intrigue passe d’ailleurs très rapidement à la trappe. La Racine, cette force destructrice ayant anéanti environ 97 % de la population mondiale, dicte toujours sa loi. En tant que survivant en quête d’un abri, le joueur atterrit rapidement au Secteur 13, un camp de fortune abritant les rescapés. On y croise le doyen Ford, qui décèle en nous un potentiel hors du commun, avant de se retrouver aspiré à travers une pierre-monde pour secourir une dénommée Clémentine. Ce point de départ fait l’affaire sur le papier. Dans les faits, il ne sert que de vaste prétexte pour justifier l’éradication de vagues de monstres. Les dialogues se font rares et la mise en scène reste terriblement basique. Le jeu assume presque son manque d’intérêt pour la narration.
Une exploration procédurale qui tourne en rond
L’attrait visuel est pourtant indéniable lors des premiers pas. Les cinq mondes proposés au fil de l’aventure affichent tous une identité propre, portée par une direction artistique très soignée. Le problème se révèle sur la durée. Conçus de manière procédurale pour garantir un haut degré de rejouabilité, ces environnements sonnent malheureusement creux. Au cours de la quinzaine d’heures requises pour boucler la campagne principale, l’envie de fouiller chaque recoin s’évapore complètement. Il y a finalement très peu de personnages intéressants à croiser et de butin pertinent à ramasser.
Pour ne rien arranger, le système de navigation s’avère être un véritable chemin de croix. La mini-carte située dans le coin de l’écran n’indique quasiment rien, se contentant d’afficher votre position et quelques coffres proches. Impossible d’y repérer les ennemis ou les objets laissés au sol. Le joueur est alors contraint de faire d’incessants allers-retours dans les menus pour consulter la carte globale. Les développeurs cherchaient probablement à renforcer l’immersion et l’autonomie dans un monde désolé. Le résultat engendre malheureusement de la frustration et une immense lassitude manette en main.
Le vent de fraîcheur d’une galaxie en mutation
Face à cette formule qui s’essouffle dans les mondes fermés de Remnant 2, d’autres acteurs du marché prouvent que l’exploration infinie peut encore surprendre. C’est le cas de No Man’s Sky. L’épopée spatiale d’Hello Games poursuit sa distribution de contenus gratuits à un rythme effréné. Avec l’arrivée de la mise à jour Xeno Arena, le studio introduit une mécanique totalement inédite. Les joueurs, qui avaient déjà la possibilité d’adopter la faune extraterrestre locale, peuvent désormais envoyer leurs compagnons se battre. Ces affrontements au tour par tour se déroulent sur des tables Holo-Arena disséminées dans les nombreuses structures de l’univers. Un détail amusant : les créatures y apparaissent sous une forme presque miniature, rappelant les dimensions d’un jouet de poche.
Des affrontements tactiques et génétiques
Ce nouveau système va bien au-delà du simple mini-jeu décoratif. Il lorgne ouvertement du côté d’une célèbre franchise japonaise de capture de monstres. Au fil des victoires, les dresseurs spatiaux gagnent en réputation et attirent l’attention d’adversaires beaucoup plus coriaces. Les bêtes envoyées au combat disposent d’un véritable arsenal tactique. Elles peuvent déclencher des attaques dévastatrices, esquiver, se soigner, ou encore altérer l’état de leurs ennemis pour les rendre vulnérables.
La dimension stratégique repose également sur un système de huit affinités élémentaires, incluant notamment le feu, la glace ou les radiations. Une bête incandescente fera ainsi des ravages contre un adversaire de type glace, mais peinera face à des attaques radioactives. Il faut donc sélectionner son équipe avec grand soin avant de lancer les hostilités. L’expérience accumulée permet ensuite aux créatures de gagner en puissance et même de subir des mutations génétiques pour évoluer vers de nouvelles formes. Les joueurs ont même le loisir de manipuler la génétique de leur élevage en influençant les traits physiques et le caractère de la descendance. Une preuve éclatante que, lorsqu’elle est bien pensée, l’évolution d’un concept vidéoludique peut repousser les limites de l’exploration.